CONSTATS ET REFLEXIONS POUR L’EAU DANS LES ESPACES VERTS
L’urgence climatique avec des T° élevées, des canicules, des pollutions urbaines, des sols en danger, la perte de biodiversité et des ressources ne couvrant pas les besoins, ont fait réagir l’état avec des restrictions sur l’usage de l’eau. Elle est indispensable à la vie des plantes et au-delà, à la vie de la cité. Les bienfaits des végétaux ne peuvent s’exprimer que lorsqu’ils peuvent disposer d’un apport hydrique en adéquation avec leurs besoins.
Depuis de nombreuses années, les services espaces verts agissent pour réduire leur consommation d’eau qui est aujourd’hui facturée.
- La gestion différenciée des espaces verts pour répondre aux besoins et aux usages des habitants suivant la situation et l’intérêt du site. Adapter l’arrosage au site.
- La diminution à la suppression du fleurissement en annuelles et bisannuelles.
- La mise en place de compteurs indépendants (pour ne pas payer la taxe d’assainissement) et constater qu’au moins les deux tiers de notre consommation étaient issus des terrains sportifs ;
- La création de jardins secs avec des plantes méditerranéennes et des cactées.
- De nouveaux concepts de plantation pour réduire l’arrosage.
- Une nouvelle palette végétale alors que le temps d’adaptation des végétaux est inférieur au temps du changement climatique.
- Paillage systématique de tous les sols pour éviter l’évaporation et la flore spontanée. De préférence avec du broyat de bois.
- Utilisation récurrente de système automatisé au goutte à goutte.
Le constat est que notre consommation est minime en rapport à la consommation de la collectivité ou aux fuites sur réseaux. À Lyon, les espaces verts consomment 0,8 % de l’eau potable distribuée, contre 12 % pour les fuites (données Veolia, 2024).
Toutefois, nous devons être exemplaire en rapport à notre exposition et à l’usage de l’eau faites par les particuliers. Pour améliorer cet usage, certaines règles devraient évoluées comme dans les chartes mises en place actuellement.
Nous avons encore des efforts à réaliser dans les services et plus largement dans les collectivités :
- Répondre avec exactitude aux besoins des plantes par les sondes hydriques.
- Récupérer les eaux pluviales, mais surtout les faire s’infiltrer à la parcelle.
- Désimperméabiliser et desceller les sols imperméables autant que cela est possible.
- L’utilisation pour arroser, des eaux de piscines, de patinoires et de vidanges de retenues ou canaux.
- L’utilisation des eaux usées (REUT) pour les stations du littoral au lieu de rejeter l’eau à la mer, surtout pendant la saison estivale.
- Augmenter l’eau amenée par le Bas Rhône Littoral sur notre région Occitanie.
- Le stockage hivernal de l’eau dans les nappes phréatiques par injection des eaux pluviales hivernales (ex : canal de Saint Martory).
- Et pourquoi pas la construction de nouveaux barrages hydrauliques qui sécuriseraient l’approvisionnement et produiraient une énergie renouvelable.
- L’urgence de mettre en place sur le territoire une hydrologie régénératrice qui permette de cultiver l’eau et de recréer son cycle en eau verte.
L’application des arrêtés de restrictions a occasionné des dégâts dans nos espaces verts :
- Le manque de fleurissement a supprimé des couleurs et de la gaité dans nos villes minérales tout en abandonnant un savoir-faire et un pan de notre économie, l’Horticulture.
- Les gazons non arrosés sont devenus des terrains de terre battue ou la vie des sols a disparue.
- Les arbustes ont souffert et certains ont péris. Cela a malheureusement favorisé la perte de la biodiversité accueillis dans les Espaces Verts et Naturels.
- Les arbres, surtout ceux qui étaient sur des gazons, ont le plus souffert de l’arrêt de l’arrosage. Une grande partie sont en souffrance et donc fragilisés par rapports aux ravageurs et aux maladies. D’autres se sont éteins rapidement. Pourtant ces arbres étaient les meilleurs climatiseurs et dépollueurs de la ville.
Le constat qui découle de ses restrictions d’usage de l’eau, est :
- Des villes qui suffoquent et qui étouffent avec de plus en plus d’îlots de chaleur urbain.
- Les habitants ne fréquentent plus les espaces verts non arrosés et on a une diminution des contacts humains et de la cohésion sociale.
- La santé des habitants est fragilisée par le manque d’hygrométrie, la pollution et le bien être donné par les espaces verts.
- Un manque de fréquentation touristique et des pertes économiques.
Le paradoxe est « On nous demande plus de végétal pour rafraîchir les villes, mais les conditions pour planter ou pour l’entretien se durcissent ».
L’eau utilisée par les services espaces verts n’est pas gaspillée, elle s’infiltre et alimente les nappes ou rentre dans l’évaporation des sols et des végétaux pour devenir l’eau verte qui donne de la pluie. Attention de ne pas provoquer des climats arides (comme en Espagne) en réduisant nos usages. Créons des villes, où il fait bon vivre avec des espaces verts résilients. Des villes « oasis ».
ET VOUS, COMMENT IMAGINEZ VOUS LA VILLE DE DEMAIN
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